Burkina Faso : La réconciliation nationale, un engagement individuel et collectif selon Zéphirin Diabré

En attendant sa feuille de route, Zéphirin Diabré dit cerner la réconciliation nationale comme une préoccupation qui ne se situe pas uniquement sur le terrain politique. « Nous sommes une nation qui est en train de se déliter sous plusieurs aspects et plusieurs angles ; c’est là que la question de la réconciliation et de la cohésion se pose. (…). Les gens ont tendance à ramener la question de la réconciliation nationale uniquement à la politique. Comme s’il s’agissait de faire en sorte que des leaders ou factions politiques qui se sont entendus avant-hier, qui se sont querellés hier et veulent s’entendre aujourd’hui puissent se retrouver dans une sorte de partage du banquet national. Il ne s’agira pas de faire des arrangements entre nous. Il s’agit au contraire de nous atteler à regarder comment notre pays, du fond de sa société, a évolué et quelles sont les déchirures qui sont apparues et qui nécessitent qu’on se remette ensemble. Nous avons par exemple plus d’un million de Burkinabè qui sont déplacés, qui ont le sentiment de souffrir dans les camps pendant que les autres mènent une vie paisible, à la limite de l’insouciance ; qu’eux ne sont plus Burkinabè comme les autres. C’est un problème de réconciliation nationale. On a des groupes ethniques (au sens noble du terme), qui à la crise sécuritaire, pour une raison ou une autre, ont parfois le sentiment qu’ils sont stigmatisés, rejetés. C’est une question de réconciliation nationale. On a dans notre société des pratiques ou des phénomènes, l’exemple des femmes accusées de sorcellerie, qui ne sont plus membres de leur société. C’est une question de réconciliation nationale. On a des conflits qui touchent à ce que nous avons d’essentiel qui est notre tradition et notre coutume (quand autour de la chefferie coutumière, qui est le pilier et le socle de notre existence en tant que Burkinabè, on a des déchirures, qui se répercutent dans le vivre-ensemble, c’est une question de réconciliation nationale) », soulève-t-il.

Selon le ministre d’Etat, ministre auprès du président du Faso, chargé de la Réconciliation nationale, il ne s’agira donc pas de faire des arrangements uniquement entre politiciens.

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